Doctorant Irenge Mitima Honoré

Beni : le doctorant Irenge Mitima Honoré appelle à une révolution de l’enseignement agroalimentaire pour réduire la dépendance aux importations

Le doctorant en sciences de l’ingénierie et technologies alimentaires à la Faculté de bio-ingénierie de l’Université du Burundi, Irenge Mitima Honoré, plaide pour une réforme profonde de l’enseignement agroalimentaire en République démocratique du Congo. Son objectif : renforcer la production locale, réduire la dépendance aux importations et favoriser l’autonomie économique du pays.

Chercheur à l’ISTM Bukavu et enseignant à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC-Beni), il s’est exprimé en marge de la présentation des aliments transformés par les étudiants de la filière des technologies agro-industrielles de l’UAC-Beni. Il estime que les universités doivent désormais privilégier une approche par compétences, centrée sur la pratique et l’implication active des apprenants.

Miser sur les produits locaux pour renforcer l’économie nationale

Pour Irenge Mitima Honoré, l’enseignement supérieur doit être profondément adapté aux réalités locales. Il insiste sur la nécessité de former les étudiants à la transformation des ressources disponibles dans leur environnement afin de stimuler la production nationale.

« On ne peut pas apprendre à transformer les olives que l’on rencontre en Europe alors qu’on ne sait pas transformer le cacao produit à Beni », a-t-il déclaré, appelant à une valorisation systématique des produits locaux dans les programmes de formation.

Il recommande également de renforcer les travaux pratiques et de réduire la domination des évaluations théoriques, afin de mieux préparer les étudiants aux exigences du terrain et du monde professionnel.

Au-delà de la formation, il encourage les apprenants à s’orienter vers des domaines pratiques et porteurs, capables de contribuer à la relance de l’économie nationale et de renforcer la compétitivité du pays sur le plan international.

Renforcer les laboratoires et soutenir l’innovation locale

Le chercheur plaide également pour la mise en place de laboratoires d’expérimentation bien équipés dans les universités congolaises. Selon lui, ces infrastructures sont essentielles pour développer les compétences en transformation agroalimentaire, en contrôle de qualité et en assurance alimentaire.

Il estime que ces espaces de recherche et de pratique doivent devenir des incubateurs d’innovation, permettant aux étudiants de concrétiser leurs idées en projets viables et utiles à la société.

Irenge Mitima Honoré appelle enfin les autorités publiques à soutenir les initiatives entrepreneuriales des étudiants, notamment à travers des facilités fiscales, un accompagnement technique et un meilleur accès aux équipements de production.

Invité du magazine universitaire ECHO de l’UAC-Beni, il a réaffirmé que les universités congolaises disposent d’un potentiel humain important capable de contribuer à la création d’emplois, à la sécurité alimentaire et au développement industriel progressif du pays.

Milan Kayenga 

 

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