Beni – Malepe : l’abbé Jonas Kagheni témoigne après la profanation de sa paroisse (Interview)

La paroisse catholique Saint Gabriel de Malepe, à Beni, a été victime d’un cambriolage dans la nuit du 5 au 6 mai 2026. Des malfaiteurs se sont introduits dans la sacristie et ont emporté plusieurs objets liturgiques, suscitant l’indignation de la communauté paroissiale. L’abbé Jonas Kagheni, curé de la paroisse, revient sur les faits et dénonce un acte de profanation.

 

Interview 

Journaliste : Monsieur l’abbé Jonas Kagheni, vous êtes curé de la paroisse de Malepe. Dites-nous ce qui s’est passé ici à la paroisse.

Abbé Jonas Kagheni : Ce matin, alors que je me préparais à aller célébrer la messe avec les Sœurs Oblates de l’Assomption, j’ai été alerté par notre sentinelle, qui m’a signalé qu’un incident s’était produit à la paroisse. À mon arrivée, j’ai constaté que des malfaiteurs s’étaient introduits dans l’église paroissiale.

Ils ont d’abord tenté de percer le mur de la sacristie, sans succès en raison de son épaisseur. Ensuite, ils ont essayé de passer par la fenêtre, mais là encore, ils ont échoué. Finalement, ils ont forcé la grille de la porte d’entrée principale de l’église, ce qui leur a permis d’accéder à la sacristie.

 

Journaliste : Qu’ont-ils emporté ?

Abbé Jonas Kagheni : Dans la sacristie, ils n’ont pas emporté d’objets de grande valeur matérielle, mais plutôt deux sacs utilisés comme « valises chapelles », que les prêtres emportent pour la célébration de la messe dans les différentes communautés de la paroisse. Ces sacs contenaient des objets liturgiques : des aubes, des chasubles, des étoles, des ciboires contenant des hosties non consacrées, des calices ainsi que des burettes.

Plus tard dans la matinée, des enfants nous ont signalé que certains objets avaient été abandonnés dans un chantier situé à Kaliva, à quelques mètres de la paroisse. Une délégation s’y est rendue et a effectivement retrouvé plusieurs objets liturgiques, notamment des aubes, des chasubles, des étoles, des ciboires, des calices et des patènes, ainsi que des hosties répandues au sol.

Cependant, les malfaiteurs sont partis avec les sacs ainsi que certains objets, dont des burettes contenant du vin de messe non consacré et un petit ciboire doré. Par ailleurs, un chandelier en bois a été jeté hors de la sacristie et retrouvé endommagé à l’entrée.

 

Journaliste : En tant que prêtre, comment qualifiez-vous cet acte ?

Abbé Jonas Kagheni : Je considère cet acte comme une profanation. L’église est un lieu sacré qui mérite respect et protection. Le fait d’y pénétrer par effraction et d’y commettre de tels actes est grave.

Je condamne fermement ce cambriolage et j’en appelle au respect des lieux sacrés, surtout dans le contexte difficile que traverse notre région. L’église n’est pas un lieu où l’on vient chercher des biens matériels ; il n’y a pas d’argent ici.

Journaliste : Ont-ils eu accès à l’intérieur de l’église ?

Abbé Jonas Kagheni : Non, ils ont tenté d’y pénétrer, mais ils n’ont pas réussi à briser les cadenas de la porte principale. Par conséquent, le Saint-Sacrement n’a pas été profané.

Journaliste : Monsieur l’abbé curé, merci.

Les services de sécurité se sont rendus sur place pour constater les faits. Une enquête a été ouverte afin d’identifier et de retrouver les auteurs de ce cambriolage.

Milan Kayenga depuis Beni

 

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