Octave de Pâques : Sur le chemin d’Emmaüs, Jésus marche avec nous… sans être reconnu

En ce mercredi de l’Octave de Pâques, la liturgie nous invite à méditer sur la présence discrète du Christ ressuscité dans la vie quotidienne, à travers le récit des disciples d’Emmaüs (Lc 24, 13-35). Ce passage trouve un écho particulier dans nos vies, surtout dans les moments de doute, de tristesse ou de désillusion, lorsque l’espérance semble perdue.

Deux disciples quittent Jérusalem, le cœur lourd. Ils avaient placé leur confiance en Jésus, mais sa mort sur la croix a brisé leurs attentes. Pourtant, le Ressuscité marche avec eux, sans se faire reconnaître. Il écoute leurs paroles, dialogue avec eux et éclaire leur compréhension des Écritures, révélant peu à peu sa présence dans leur vie.

Le moment culminant se produit lors de la fraction du pain, quand leurs yeux s’ouvrent enfin. Cette scène rappelle aux chrétiens que la foi se vit à travers deux dimensions essentielles : l’écoute de la Parole de Dieu et la participation à l’Eucharistie, où le Christ se rend pleinement présent.

Dans son homélie de ce mercredi 8 avril, le père Matabishi Kalondero attire l’attention sur le regard que nous portons sur les autres. « Regarder les indigents, c’est déjà les aider », affirme-t-il, dénonçant l’indifférence qui trop souvent nous empêche de percevoir la dignité de l’autre. S’arrêter, reconnaître l’autre, c’est déjà poser un acte concret de charité.

Cette idée se retrouve dans la première lecture (Ac 3, 1-10), où Pierre et Jean rencontrent un infirme à la porte du Temple. Ne possédant ni argent ni or, Pierre donne ce qu’il a : le Nom de Jésus qui guérit et restaure. Cela nous rappelle que la véritable richesse ne réside pas dans les biens matériels, mais dans la foi et dans la capacité à la partager.

Dans sa lectio divina, l’abbé Dieumerci Ngitsi souligne que Jésus choisit les moments de crise pour rejoindre l’homme. « Dans la nuit noire de notre désespoir, le Seigneur est avec nous et fait route avec nous », écrit-il, rappelant que Dieu accompagne chacun de nos pas, même lorsque nous ne le voyons pas.

L’abbé insiste également sur l’hospitalité. Les disciples d’Emmaüs ont ouvert leur cœur à un inconnu, et c’est cette disposition qui a permis à Jésus de se révéler. « L’hospitalité est un signe pascal, une preuve de la Résurrection », affirme-t-il, invitant à accueillir les plus démunis, les étrangers et les sans-abri comme autant de visages du Christ.

Ainsi, entre le chemin d’Emmaüs et la guérison à la Belle Porte, la liturgie appelle à une double conversion : reconnaître le Christ dans les instants ordinaires de la vie et dans les visages des plus pauvres, et devenir à notre tour témoins de la Résurrection. Comme les disciples d’Emmaüs, toute rencontre avec le Ressuscité transforme et pousse à annoncer la Bonne Nouvelle par nos paroles et nos actes.

Milan Kayenga 

Retour en haut