D’importants déplacements de populations ont été enregistrés ce mercredi à Mbau, chef-lieu du secteur de Beni-Mbau, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu), au lendemain d’une attaque armée attribuée aux présumés combattants ADF. Selon des sources locales, cette incursion a coûté la vie à une dizaine de personnes.
Parmi les habitants ayant fui vers des zones jugées plus sûres figurent de nombreux élèves, notamment des finalistes du primaire qui sont attendus ce jeudi 4 juin pour les examens nationaux de fin d’études primaires (ENAFEP).
Face à cette situation, le rapporteur de la société civile du secteur de Beni-Mbau, Dalmas Nzingene, exprime son inquiétude quant au sort de ces apprenants contraints à l’exil à la veille de cette importante épreuve certificative.
« Les enfants de Mbau risquent d’être sacrifiés. Nous demandons aux autorités éducatives de leur accorder une mesure exceptionnelle afin qu’ils soient admis dans les centres d’examen situés dans les localités où ils ont trouvé refuge. Dans le contexte actuel, il sera difficile de réunir les effectifs attendus dans leur centre d’origine », a-t-il déclaré.
Au-delà des difficultés logistiques, plusieurs observateurs s’interrogent également sur l’état psychologique de ces enfants déplacés, confrontés aux conséquences d’une attaque meurtrière à quelques heures seulement du début des examens.
Les tentatives de notre rédaction pour joindre les responsables de la sous-division de l’Enseignement primaire, secondaire et de l’Initiation à la nouvelle citoyenneté (EPS-INC) d’Oïcha, dont dépend le centre scolaire de Mbau, sont restées sans succès.
Toutefois, lors de précédentes crises sécuritaires dans la région, les autorités éducatives de Beni avaient assuré que les élèves déplacés de guerre pouvaient être autorisés à passer leurs examens dans les centres les plus proches de leurs lieux de refuge.
La situation reste suivie de près par les communautés locales, qui espèrent des mesures rapides afin de garantir à ces enfants leur droit à l’éducation malgré le contexte sécuritaire difficile.
Milan Kayenga


