Le Parlement Debout de Furu (PDF) tire la sonnette d’alarme sur la situation de la prison centrale de Kakwangura, située dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu. Dans une déclaration accordée à notre rédaction, son porte-parole, Maître Anjelus Musumba, dénonce une crise sanitaire, humanitaire et judiciaire qu’il qualifie de sans précédent et appelle le gouvernement congolais à intervenir en urgence.
Selon Maître Anjelus Musumba, la prison, conçue pour accueillir environ 250 détenus, en héberge aujourd’hui près de 1 400. Cette surpopulation carcérale entraîne une promiscuité extrême, des conditions d’hygiène précaires, une malnutrition sévère, un manque d’eau potable et un accès insuffisant aux soins médicaux.
Le porte-parole du PDF rappelle qu’une peine privative de liberté ne doit jamais se transformer en une condamnation à vivre ou à mourir dans des conditions inhumaines. Il affirme que la prison centrale de Kakwangura est devenue un « mouroir », où les droits fondamentaux à la vie, à la santé et à la dignité sont quotidiennement bafoués.
L’organisation pointe également plusieurs faiblesses du système judiciaire et pénitentiaire. Elle cite notamment la lenteur des procédures judiciaires, le maintien prolongé de nombreux prévenus en détention, le manque d’infrastructures adaptées ainsi que l’insuffisance des investissements publics dans le secteur de la justice. Le PDF s’inquiète aussi de l’implantation de la prison au cœur d’un quartier résidentiel, une situation qu’il estime porteuse de risques sécuritaires et sanitaires pour la population.
Face à cette situation, le Parlement Debout de Furu recommande au ministère de la Justice de déclarer l’urgence humanitaire à la prison centrale de Kakwangura et d’y dépêcher une mission d’inspection afin d’évaluer les conditions de détention. Il demande également d’accélérer le désengorgement de la prison par le traitement rapide des dossiers judiciaires, le réexamen des détentions préventives prolongées et le recours aux mesures alternatives à l’incarcération lorsque celles-ci sont prévues par la loi.
Le mouvement citoyen plaide en outre pour la construction d’une prison moderne répondant aux normes nationales et internationales, ainsi que pour la délocalisation de la prison de Kakwangura hors du centre résidentiel. Il appelle également les autorités à garantir l’accès des détenus à l’eau potable, à une alimentation suffisante, aux soins de santé et à des conditions d’hygiène adéquates, tout en renforçant les moyens humains et financiers de l’administration pénitentiaire.
En conclusion, Maître Anjelus Musumba estime que la prison doit rester un lieu de rééducation et de réinsertion sociale, conformément à la législation congolaise. Selon lui, la crédibilité de la justice se mesure aussi à la manière dont l’État protège les droits et la dignité des personnes privées de liberté.
Esther Vwiravwahali


