La ville de Beni (Nord-Kivu) a lancé l’édition 2025 de la campagne internationale « 16 Jours d’Activisme contre les Violences Basées sur le Genre ». Plusieurs organisations féminines, appuyées par des agences des Nations unies, se sont mobilisées pour sensibiliser la population à la prévention des violences basées sur le genre et à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Les activités ont débuté par une caravane de sensibilisation partie du rond-point ENRA jusqu’à la salle Laudato Si, en passant par la Mairie de Beni. Les participantes et participants brandissaient des messages forts appelant à la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes, aux jeunes filles et aux personnes minoritaires.
Selon Madame Noëlla Nzala, coordonnatrice de l’ONG Tendo la Roho, l’objectif principal est d’encourager la communauté à briser le silence.
« Pendant ces 16 jours, nous allons sensibiliser la communauté à avoir l’habitude de dénoncer toute forme de violence faite à la femme, aux jeunes filles ainsi qu’aux personnes minoritaires. »
Maître Kahindo Safi Mughole, de la Dynamique des femmes juristes, a pour sa part invité les victimes de violences basées sur le genre à s’adresser aux services compétents, notamment les organisations de défense des droits humains, afin de bénéficier d’un accompagnement gratuit devant les instances judiciaires. Elle souligne que cette campagne joue un rôle déterminant dans la prise de conscience des victimes : « Elle sensibilise, elle suscite la prise de conscience. Les victimes réalisent les violations dont elles sont l’objet et font le pas vers la justice, où elles trouvent désormais des acteurs qui ont pris conscience de la réponse accessible et digne qui doit leur être accordée. »
La particularité de l’édition 2025 réside dans l’attention portée aux violences numériques, un phénomène en pleine expansion dans la région comme ailleurs. Maître Ruth Sabuni, cheffe de division ad intérim du Genre, Famille et Enfant au Nord-Kivu, rappelle la responsabilité collective face à cette réalité.
« Les réseaux sociaux créent la plupart des conséquences néfastes que nous subissons. Unissons-nous pour lutter contre ces violences qui se commettent sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs le thème provincial : nous sommes appelés à l’unisson pour lutter contre les violences numériques. »
Elle ajoute qu’un changement profond des comportements est indispensable : « Le jour où les hommes renonceront au pouvoir qui domine les autres, nous vivrons dans un monde sans discrimination ni violence, un monde d’égalité, de dialogue et de collaboration. »
À cette occasion, Madame Ruth Sabuni a également lancé un appel à promouvoir l’amour du prochain comme moyen de prévention contre les violences, en particulier celles qui touchent les femmes et les jeunes filles dans l’espace numérique, où les intimidations et atteintes à la dignité sont de plus en plus fréquentes.
Siku Provinces & Odile Tsongo