Kyaghanda-ASBL : un an après l’accord de médiation, la division persiste

Un an après la signature de l’accord de médiation entre les deux parties en conflit au sein du Kyaghanda-ASBL Obughuma bw’Aba Yira, la division demeure manifeste. Les engagements pris à Butembo le 2 septembre 2025 pour mettre fin à la crise et restaurer l’unité de cette structure communautaire peinent à produire les résultats escomptés.

Réunis autour d’une même table, les délégués des deux parties s’étaient alors engagés à « enterrer définitivement la division » et à relancer le travail d’ensemble en faveur de la cohésion et de l’unité de la communauté Yira.

Des engagements pour tourner la page de la crise

Parmi les principales résolutions adoptées figurait la révision des statuts par une commission paritaire, composée de représentants des deux parties. Il était également prévu de convoquer un conseil culturel extraordinaire mixte, avant la tenue d’une conférence culturelle extraordinaire destinée notamment à valider les statuts amendés et à organiser l’élection de nouveaux animateurs, conformément aux textes de l’association.

Les protagonistes avaient en outre convenu de suspendre toute activité publique unilatérale avant la tenue de ces assises. La convocation du conseil culturel extraordinaire devait se faire à travers un communiqué conjoint des deux présidents, tandis que la fusion des deux comités urbains du Kyaghanda à Butembo devait contribuer à préparer les élections et à renforcer l’unité de la structure.

L’accord comportait enfin une disposition claire : au-delà des délais convenus, les différents comités seraient réputés démissionnaires.

Un an plus tard, la controverse persiste

Douze mois plus tard, plusieurs échéances prévues dans cet accord sont dépassées et les divergences restent visibles. La récente controverse autour d’une activité culturelle organisée à Beni en est une nouvelle illustration.

Alors qu’une annonce avait fait état du report de la conférence culturelle internationale, notamment en raison du contexte sanitaire lié à Ebola, une activité culturelle a néanmoins été organisée à Beni. Le président du Kyaghanda de Beni a, dans une mise au point, déclaré ne pas reconnaître cette conférence, estimant qu’elle n’avait pas été organisée par le comité légalement établi.

Cette controverse remet ainsi en lumière l’un des problèmes que l’accord de médiation cherchait précisément à résoudre : la reconnaissance mutuelle des structures et la fin des initiatives menées unilatéralement au nom du Kyaghanda-ASBL.

Un an après la signature de l’accord de Butembo, la question de la légitimité des différentes structures dirigeantes demeure donc au centre des divergences. La situation montre également que le processus de rapprochement engagé en 2025 n’a pas encore permis d’instaurer un fonctionnement pleinement consensuel.

L’enjeu est désormais de savoir si les différentes parties pourront revenir aux engagements pris lors de la médiation, renouer le dialogue et mettre en place un cadre accepté par tous.

Un an après l’accord de Butembo, la division que les protagonistes s’étaient engagés à enterrer reste donc une réalité au sein du Kyaghanda-ASBL, tandis que l’unité de la structure demeure encore à concrétiser.

Milan Kayenga 

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