Nord-Kivu : la Société civile tire la sonnette d’alarme face à l’aggravation de l’insécurité

Réunie mardi 21 juillet à Mangina, la Coordination provinciale de la Société civile Forces Vives du Nord-Kivu a lancé un appel pressant au gouvernement congolais pour restaurer l’autorité de l’État dans une province confrontée à une dégradation persistante de la situation sécuritaire. Dans sa déclaration n°003/2026, elle estime que le rétablissement de la paix doit désormais constituer la priorité absolue.

L’organisation dresse un tableau sombre de la situation dans le territoire de Beni, où les attaques attribuées aux ADF continuent de faire des victimes civiles. Elle évoque des « massacres à répétition des populations civiles innocentes », des incendies d’habitations, des enlèvements et des destructions de biens dans plusieurs localités, notamment à Mangina et Mbau.

Dans le sud de la province, la Société civile accuse également le M23 de poursuivre son renforcement militaire malgré les initiatives diplomatiques en cours. Selon elle, le mouvement rebelle continue de se livrer à des « massacres, tortures, viols, pillages des ressources naturelles », tout en imposant des taxes illégales, en procédant à des recrutements forcés et en occupant des habitations ainsi que des terres agricoles.

Face à cette situation, la Société civile demande au Président de la République et au Gouvernement de « utiliser tous les moyens légaux pour restaurer la paix et la sécurité à l’Est de la RDC ». Elle plaide notamment pour un renforcement des capacités opérationnelles des FARDC, une meilleure coordination des opérations militaires contre les ADF et le M23, ainsi que la modernisation des équipements des forces armées.

Sur le plan politique, l’organisation se prononce en faveur du dialogue national, mais pose une condition claire concernant le projet de loi référendaire. Elle affirme que « la restauration de l’autorité de l’État sur toute l’étendue du territoire national » constitue un préalable indispensable avant toute réforme institutionnelle.

La déclaration aborde également les préoccupations sanitaires liées à la maladie à virus Ebola. La Société civile regrette le manque de sensibilisation de certaines communautés et le retard observé dans la prise en charge de l’épidémie. Elle appelle les autorités à mobiliser davantage de moyens pour la riposte et invite les populations à respecter les mesures de prévention tout en collaborant avec les équipes sanitaires et les services de sécurité.

À travers cette déclaration, la Société civile du Nord-Kivu interpelle à la fois les autorités nationales et les partenaires internationaux afin que des mesures concrètes soient prises pour mettre fin à l’insécurité qui continue d’affecter les populations de l’est de la République démocratique du Congo.

Rédaction 

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