L’association culturelle Kyaghanda Yira exprime sa vive préoccupation face aux tensions  observées au sein du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS) dans la province du Nord-Kivu. Cette inquiète fait suite à la suspension de certains agents et cadres du programme et à la convocation des autres à l’auditorat militaire, une situation qui suscite des craintes au sein des communautés locales. 

S’exprimant devant la presse ce dimanche 14 décembre 2025 à Beni, le président du Kyaghanda Yira/Beni, Kambale Pirisi Benoît, a tiré la sonnette d’alarme, redoutant que ces évènements ne dégénèrent en un conflit à caractère communautaire si aucune solution rapide n’est trouvée. 

 » Nous sommes très préoccupés. Et nous ne dormons plus en voyant que les gens sont entrain d’être convoqués à l’auditorat et que d’autres sont suspendus. Là, nous voyons déjà un conflit qui règne », a-t-il déclaré. 

Selon lui, le climat actuel est porteur de divisions et d’incompréhensions au sein des communautés, alors celles-ci aspirent plutôt à la paix et à la cohésion sociale. 

« Voilà pourquoi nous demandons au Barza intercommunautaire du Nord-Kivu de chercher un cadre où l’on peut trouver un terrain d’attente afin que cet équivoque soit levé. Dans nos communautés, nous ne voulons plus la division, nous voulons tout simplement la cohésion sociale. Nous voulons la paix et la cohésion entre les communautés « , a-t-il ajouté. 

Face à cette situation jugée sensible, le Kyaghanda Yira appelle les acteurs concernés à la retenus et plaide pour une médiation du Barza intercommunautaire du Nord-Kivu afin de prévenir toute escalade et préserver la paix sociale dans une province déjà fragilisée par des conflits armés récurrents. 

L’association culturelle insiste sur la nécessité de privilégier le dialogue, la transparence et l’inclusion, afin que le P-DDRCS continue à jouer pleinement son rôle de Stabilisation au bénéfice de toutes les communautés du Nord-Kivu. 

Pour rappel, sept agents et cadres parmi ceux qui sont en grève depuis trois mois pour réclamer « 38 mois impayés », ont été suspendus à titre conservatoire pour trois mois par le coordonnateur provincial. Certains ont aussi reçu des mandats de comparution de l’auditorat militaire qui les invitent pour quelques faits « infractionnels ». À leur tour, les grévistes ont fait une déclaration pour désavouer leur coordonnateur provincial. 

Milan Kayenga 

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