L’intelligence artificielle s’impose progressivement comme un outil incontournable dans les établissements de l’Enseignement Supérieur, Universitaire, Recherche Scientifique et Innovation (ESURSI) en République Démocratique du Congo. À Beni, étudiants et enseignants expérimentent au quotidien les potentialités de cette technologie, tout en restant conscients des risques qu’elle comporte.
Pour Christian Basikania, étudiant en faculté de droit à l’UCBC, l’intelligence artificielle constitue une véritable révolution pédagogique.
« Aujourd’hui, au XXIe siècle, elle permet d’obtenir des explications immédiates sur des notions parfois complexes, adaptées au niveau de compréhension de chacun », explique-t-il.
Selon lui, ces outils facilitent l’apprentissage en proposant des résumés de cours, des plans de dissertation, ou encore des corrections d’exercices. Ils permettent également d’orienter les recherches en suggérant des sources pertinentes, notamment dans le domaine juridique.
Cependant, cet enthousiasme est tempéré par certaines inquiétudes. Christian reconnaît que « l’utilisation excessive peut poser des problèmes d’éthique académique », notamment en matière de plagiat ou de production de travaux non personnels.
Un constat partagé par Omari Grace, étudiante en faculté de technologie et sciences de l’ingénieur, département de génie informatique. Elle salue l’efficacité de l’IA dans la compréhension des cours :
« Lors des travaux pratiques, quand je ne comprends pas, l’IA me donne directement ce dont j’ai besoin », confie-t-elle.
Mais elle met en garde contre un risque de dépendance : « Quand on l’utilise trop, cela influence nos capacités. On perd l’habitude de chercher par soi-même », regrette-t-elle.
Face à ces enjeux, les enseignants plaident pour un usage encadré et responsable. Le chef de travaux Célestin Mukirania, expert en éducation bilingue à Messiah University aux États-Unis, insiste sur la nécessité de maintenir un esprit critique.
« Même si l’on utilise l’intelligence artificielle, l’enseignant doit recourir à son intelligence humaine pour vérifier la pertinence des contenus proposés aux étudiants », affirme-t-il.
Il souligne également l’importance de bien formuler les consignes : « Si vous ne donnez pas de bonnes instructions, l’IA peut vous induire en erreur et vous faire croire que vous progressez alors que vous vous affaiblissez », prévient-il.
Ainsi, dans les milieux universitaires de Beni, l’intelligence artificielle apparaît comme une arme à double tranchant : un puissant levier d’apprentissage, mais qui nécessite discipline, encadrement et responsabilité pour éviter ses dérives.
Par Milan Kayenga, Christian Balewa, Aloyse Nigel et Matala Kamed Ossian