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Une nouvelle étude universitaire alerte sur les conséquences psychologiques des violences qui frappent la région de Beni depuis plus de dix ans. Kavira Malikeo Marie-Shekinah, étudiante en psychologie clinique à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC) démontre que les massacres, les attaques armées et les déplacements forcés des population pourraient entraîner, d’ici 2030, une augmentation importante du nombre des personnes victimes des troubles psychiques.

Dans son mémoire intitulé : « De l’impact des massacres sur l’état psychique de la population de Beni : Études psychoprédictives à l’horizon 2030″,  l’étudiante explique que les survivants présentent souvent un stress intense, des cauchemars ou des images intrusives. Et même ceux qui n’ont pas assisté directement aux attaques souffrent d’anxiété et de troubles de l’adaptation, ce qui est dangereux pour l’avenir de toute une communauté. 

« Face aux événements traumatiques, chaque personne réagit de sa manière. Ces évènements vécus régulièrement à Beni laissent de traces profondes, bien au delà des pertes de vies humaines.  Si rien n’est fait, un risque d’une crise psychique majeure est redoutable pour les survivants de ces violences d’ici 2023 », alerte l’étudiante. 

Face à ce constat sur ce phénomène qui menace la résilience, la chercheuse formule plusieurs recommandations :

– au gouvernement congolais d’agir sérieusement sur la sécurité à Beni et de mettre en place une véritable politique de santé mentale; 

– à la MONUSCO de renforcer la protection des civils et d’appuyer la formation des psychologues susceptibles d’accompagner la population;

-aux professionnels de la santé mentale,  elle propose un suivi à long terme adapté aux traumatismes collectifs;

-et à la population, elle rappelle que demander de l’aide psychologique n’est pas un luxe mais un droit. Elle l’encourage ainsi à consulter régulièrement des psychologues pour des conseils de santé. 

Cette présentation s’est tenue dans le cadre de la soutenance publique pour la seconde session à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni, où dix autres impétrants de différentes facultés ont également défendu leurs mémoires axés sur des thématiques d’actualité, à la satisfaction des éminents évaluateurs. Cette soutenance publique déroulée dans l’une des salles des sœurs orantes de l’Assomption à Beni-Cité, clôture ainsi l’année académique 2024-2025 à l’UAC-Beni. 

Milan Kayenga 

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