Soutenance à l’UCNDK : Jonas Kithungi encourage une cacaoculture conciliant production, protection de l’environnement et revenus des ménages

La cacaoculture peut contribuer à la fois à la production agricole, à la protection de l’environnement et à l’amélioration des moyens de subsistance des ménages. C’est l’un des principaux enseignements du mémoire présenté et défendu ce samedi à Beni par Jonas Kasereka Kithungi, étudiant en Biologie, orientation Écologie et Gestion des Ressources Végétales, à l’Université de Conservation de la Nature et de Développement de Kasugho (UCNDK).

Menée dans la périphérie de la ville de Beni, l’étude s’est intéressée à la manière dont les producteurs perçoivent les services rendus par les agroforêts cacaoyères. Dans une région où de nombreuses familles dépendent de l’agriculture, ces plantations ne constituent pas seulement des espaces de production de cacao. La présence d’autres arbres et plantes peut également contribuer à la protection des sols, à la conservation de la biodiversité et à la disponibilité de produits tels que les fruits, le bois et certains produits médicinaux.

La protection de l’environnement au cœur des constats

Pour réaliser son étude, Jonas Kithungi a interrogé 158 producteurs dans les villages de Kwanzaba, Mataba et Mutwanga. Il a notamment identifié 26 espèces végétales associées aux cacaoyers. Parmi elles figurent Cordia africana, Erythrina abyssinica, Cedrela odorata et Persea americana. Cette diversité montre que les cacaoyères étudiées peuvent également jouer un rôle dans le maintien de la végétation au sein des exploitations agricoles.

Parmi les services cités par les producteurs, la protection de l’environnement arrive en première position, avec 46,8 % des personnes interrogées. Elle est suivie par l’augmentation de la production de cacao, avec 31,6 %, puis par la contribution à la lutte contre le changement climatique, avec 18,4 %. La séquestration du carbone reste cependant peu connue, seulement 3,2 % des producteurs l’ayant mentionnée.

Des arbres utiles aux familles, mais à gérer avec équilibre

L’étude relève également que les arbres associés aux cacaoyers peuvent contribuer à la diversification des ressources des ménages. Les fruits, le bois et certains produits médicinaux peuvent représenter des ressources complémentaires pour les familles productrices. Jonas Kithungi souligne toutefois que la présence des arbres doit être gérée de manière rationnelle : une densité excessive ou un mauvais choix d’espèces peut entraîner une concurrence avec les cacaoyers pour l’eau, les nutriments et la lumière.

Le mémoire met par ailleurs en évidence l’importance de la formation des producteurs. Les résultats montrent une relation entre la formation en agroforesterie et la perception des services rendus par les plantations. Pour l’étudiant, le renforcement des connaissances pratiques peut donc aider les producteurs à mieux gérer leurs exploitations et à mieux comprendre les avantages environnementaux des arbres associés au cacao.

Renforcer l’accompagnement des producteurs

Face à ces constats, Jonas Kithungi recommande aux services agricoles, aux coopératives et aux organisations d’encadrement de renforcer les formations sur le choix des espèces, la gestion de l’ombrage, l’entretien des plantations, la fertilité des sols et les pratiques permettant de limiter la concurrence entre arbres et cacaoyers. Il encourage également les acteurs de la conservation à sensibiliser davantage les producteurs sur des services encore peu connus, notamment la protection des sols, la biodiversité et la régulation du climat local.

L’étudiant recommande en outre de mieux valoriser les produits issus des arbres associés au cacao. La commercialisation ou l’utilisation des fruits, du bois et d’autres produits pourrait contribuer à diversifier les revenus des ménages et à réduire leur dépendance exclusive au cacao. Les chercheurs sont également invités à poursuivre les études afin d’identifier les espèces les plus adaptées aux différents contextes de production.

Pour une cacaoculture durable autour de Beni

En définitive, le travail de Jonas Kasereka Kithungi présente les agroforêts cacaoyères comme des systèmes capables de réunir plusieurs intérêts : produire du cacao, soutenir les ménages et préserver certaines fonctions de l’environnement. Pour lui, l’avenir de la cacaoculture autour de Beni passe par un meilleur accompagnement des producteurs et par une gestion équilibrée des arbres associés. La promotion de ces pratiques pourrait ainsi contribuer à une agriculture plus durable, conciliant les besoins économiques des familles avec la protection des ressources naturelles dont elles dépendent.

Milan Kayenga 

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