À l’occasion de la Journée mondiale des organisations non gouvernementales, célébrée le 27 février, Angélus Kavutirwaki, défenseur des droits humains et coordonnateur de l’organisation Bonne Gouvernance, Droits Humains et Développement (BDHOD), a dressé un constat critique de l’action des ONG dans la région de Beni, en proie aux violences des groupes armés.
Selon lui, malgré la présence de plusieurs organisations humanitaires, les résultats sur le terrain restent mitigés. « Il y a un réel problème d’efficacité dans certains projets. Les communautés continuent de souffrir alors que des financements importants sont mobilisés », a-t-il déclaré.
Il déplore notamment une faible collaboration entre les ONG internationales et les organisations locales. « Les acteurs locaux sont souvent écartés des processus de décision. Pourtant, ils maîtrisent mieux les réalités du terrain et les besoins prioritaires des populations », souligne-t-il.
Angélus Kavutirwaki évoque également des cas de mauvaise gestion et de détournement de fonds qui fragilisent l’impact des interventions. « Une partie des ressources destinées aux populations vulnérables ne parvient pas toujours aux bénéficiaires. Certains acteurs humanitaires, mais aussi des responsables étatiques à travers certaines “opérations retour”, participent à ces dérives », affirme-t-il.
Pour le coordonnateur de la BDHOD, ces pratiques compromettent la durabilité des projets et alimentent la méfiance des communautés envers les structures d’aide. « Il faut plus de transparence, plus de redevabilité et une meilleure coordination. L’aide humanitaire doit réellement transformer les conditions de vie, pas simplement produire des statistiques », insiste-t-il.
Dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et les déplacements massifs de populations, il appelle à une réforme des mécanismes d’intervention afin que l’aide parvienne effectivement aux personnes les plus vulnérables et contribue au développement durable de Beni.
Milan Kayenga