Gloria Djonga, étudiante en Bac 3 Droit à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC), a défendu ce vendredi 21 août son mémoire portant sur la récidive criminelle dans la ville de Beni et les défis de la politique carcérale en République démocratique du Congo. Son travail, intitulé « La récidive criminelle en ville de Beni à l’épreuve des principes directeurs de la politique carcérale de la République Démocratique du Congo », met l’accent sur la nécessité de renforcer la rééducation et la réinsertion des personnes condamnées.
À travers cette étude, Gloria Djonga s’est penchée sur les raisons qui expliquent le retour à la criminalité de certains anciens détenus après leur libération. Elle estime que la lutte contre la récidive ne devrait pas reposer uniquement sur la répression, mais également sur la capacité du système pénitentiaire à préparer les détenus à leur réintégration dans la société.
Pour mener ses recherches, l’étudiante a notamment procédé à l’analyse des textes juridiques, à une recherche documentaire et à une approche sociologique. Elle s’est également appuyée sur des entretiens avec des détenus et des responsables pénitentiaires ainsi que sur des observations effectuées à la prison centrale de Kangbayi, à Beni.
L’étude met en évidence plusieurs difficultés qui compromettent la mission de réinsertion des établissements pénitentiaires. Parmi celles-ci figurent la surpopulation carcérale, les conditions difficiles de détention, l’insuffisance des infrastructures, le manque de personnel qualifié ainsi que l’absence de programmes suffisamment structurés de formation professionnelle et d’accompagnement psychosocial.
Selon Gloria Djonga, ces insuffisances contribuent à maintenir un système carcéral davantage orienté vers la punition que vers la rééducation. Les détenus disposent ainsi de peu de possibilités pour acquérir des compétences professionnelles ou bénéficier d’un accompagnement leur permettant de préparer leur retour dans la société. L’absence d’un véritable suivi après leur libération constitue également, selon son étude, un facteur qui peut favoriser la récidive.
Face à ces constats, l’étudiante recommande notamment le renforcement des moyens matériels, financiers et humains de l’administration pénitentiaire, la mise en place de programmes permanents de formation professionnelle et d’accompagnement psychosocial, ainsi que le développement d’un système efficace de suivi des anciens détenus. Elle préconise également le recours aux peines alternatives à l’emprisonnement lorsque la loi le permet et l’application effective de la loi n° 23/028 du 15 juin 2023 relative au régime pénitentiaire.
En définitive, Gloria Djonga soutient qu’une politique carcérale efficace doit permettre de sanctionner, mais aussi de rééduquer et de réinsérer. Pour elle, donner aux détenus les moyens de reconstruire leur vie après la prison constitue l’une des voies permettant de réduire durablement la récidive criminelle et de contribuer à une meilleure sécurité dans la ville de Beni.
Milan Kayenga


