La société civile du territoire de Beni appelle les forces de défense et de sécurité à renforcer les dispositifs de protection des populations face à la résurgence des attaques attribuées aux combattants présumés ADF. Cette structure citoyenne réagit après l’attaque meurtrière survenue dans la nuit du jeudi au vendredi 6 novembre 2026 à Cantine-Aloya, dans le groupement Baswagha-Madiwe, en territoire de Beni. Le bilan fait état d’une trentaine de morts et de plusieurs dégâts matériels.
Dans sa réaction, la société civile déplore cette nouvelle incursion, qui intervient à la veille de la grande saison de récolte du cacao, une période cruciale pour les activités agricoles et les revenus de nombreuses familles de la région. Elle redoute que cette insécurité compromette également les travaux champêtres, notamment les semis de haricots et d’autres cultures.
« Nous sommes d’abord désolés de cette situation. On ne s’attendait pas à cela. C’est ce que nous disons souvent aux gens : l’accalmie ne signifie pas la fin de l’ennemi. Elle ne doit pas conduire les militaires à relâcher leurs efforts. Nous devons savoir que l’ennemi est toujours là, puisqu’on n’a jamais proclamé son éradication », a déclaré Philippe Bonne Année, rapporteur de la société civile du territoire de Beni.
Ce dernier interpelle particulièrement les autorités militaires sur la nécessité de maintenir une vigilance permanente et de renforcer la présence des forces de sécurité dans les zones exposées aux incursions. Il craint que les combattants présumés ADF ne poursuivent leurs attaques dans d’autres agglomérations, alors que les populations s’apprêtent à reprendre intensément leurs activités agricoles.
« Nous voulons aller vers la grande saison de récolte du cacao. C’est aussi la période où nous devons semer les haricots et réaliser toutes les activités champêtres. Comme l’ennemi vient d’entrer par la porte de Cantine, nous ne savons pas où il sera demain. C’est pourquoi nous interpellons les autorités militaires », a-t-il insisté.
La société civile estime ainsi que l’accalmie observée dans certaines zones ne doit pas être considérée comme un signe de disparition de la menace. Elle appelle les autorités compétentes à prendre des mesures préventives pour éviter de nouvelles attaques et garantir la sécurité des agriculteurs et de leurs récoltes.
Wanzire Shukurani


