Les conflits fonciers constituent une préoccupation majeure dans la ville de Beni, où les différends autour des parcelles peuvent opposer des familles, des voisins et des communautés. Pour mieux comprendre ce phénomène et proposer des moyens de prévention, John Mumbere Kawesa a consacré son mémoire à l’analyse des causes et des conséquences de ces conflits, ainsi qu’aux mécanismes susceptibles de les prévenir.
C’est dans le cadre d’une défense spéciale de mémoire, organisée ce mercredi 14 octobre 2026 à la Faculté des sciences juridiques, politiques et administratives de l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC-Beni), que le chercheur a présenté son travail intitulé « Analyse juridique des causes et conséquences des conflits fonciers en ville de Beni : mécanismes de prévention ». Portant sur la période de 2020 à 2026, cette étude met en évidence plusieurs facteurs à l’origine des litiges fonciers, notamment les irrégularités dans la délivrance des documents de propriété, la superposition des titres et le manque de coordination entre les services chargés de la gestion des terres.
À ces difficultés administratives s’ajoute la coexistence parfois conflictuelle entre les règles officielles et les pratiques coutumières. Par ailleurs, l’insécurité dans la région entraîne des déplacements de population vers la ville de Beni, ce qui accentue la pression sur les terres disponibles et peut favoriser de nouvelles contestations.
Des conséquences qui dépassent le cadre juridique
Au-delà des questions de propriété, les conflits fonciers ont des répercussions importantes sur la vie des habitants. Sur le plan social, ils alimentent les tensions entre les membres d’une même famille, les voisins et les communautés. Sur le plan économique, ils peuvent entraîner des pertes financières, décourager les investissements et fragiliser les ménages. De plus, lorsqu’ils ne sont pas résolus à temps, certains différends dégénèrent en violences et perturbent la tranquillité publique.
Renforcer la prévention pour limiter les conflits
Face à ces difficultés, John Mumbere Kawesa préconise plusieurs mesures destinées à prévenir les litiges fonciers. Il recommande d’abord une meilleure application de la loi foncière. Il insiste ensuite sur la nécessité de renforcer la coordination entre les services compétents, notamment le cadastre et la conservation des titres immobiliers, afin de limiter les attributions multiples d’une même parcelle et les contestations liées aux documents de propriété.
En outre, le chercheur souligne l’importance de sensibiliser la population aux procédures légales. Avant d’acheter une parcelle, les citoyens devraient vérifier les documents disponibles et la situation juridique du terrain auprès des services compétents.
Enfin, il encourage le recours aux mécanismes pacifiques de règlement des différends, notamment la médiation, la conciliation et le dialogue. Ces démarches peuvent permettre de trouver une solution à l’amiable et d’éviter que les désaccords ne s’aggravent ou ne se retrouvent devant les tribunaux.
À travers cette étude, John Kawesa met en avant la nécessité d’une gestion foncière plus rigoureuse, d’une meilleure information de la population et de la promotion du règlement pacifique des différends. Autant de mesures susceptibles de contribuer à la sécurisation des droits de propriété et à la préservation de la cohésion sociale à Beni.
Milan Kayenga


