Beni : la Société civile craint une catastrophe humanitaire à la prison de Kangbayi après neuf jours sans nourriture pour plusieurs détenus

La situation à la prison centrale de Kangbayi, dans la ville de Beni, inquiète la Coordination urbaine de la Société civile Forces vives. Après une visite effectuée dans cet établissement pénitentiaire, cette structure alerte sur les conditions alimentaires, sanitaires et de détention des pensionnaires et appelle à une intervention urgente des autorités.

Selon la Société civile, plusieurs détenus rencontrés lors de la visite ont affirmé être restés neuf jours sans nourriture. La délégation dit également avoir trouvé le dépôt alimentaire de la prison vide, une situation qu’elle juge particulièrement préoccupante au regard du nombre de personnes détenues.

2 358 pensionnaires pour une capacité de 250 places

Construite initialement pour accueillir environ 250 personnes, la prison de Kangbayi compterait actuellement 2 358 pensionnaires, selon les chiffres communiqués par la Société civile.

Cette importante surpopulation carcérale constitue, pour la structure citoyenne, un facteur aggravant des difficultés auxquelles sont confrontés les détenus, notamment en matière d’alimentation, de santé et de conditions générales de détention.

Dans sa déclaration, la Société civile affirme que certains pensionnaires « ne voient que leurs morts au lendemain », une expression qui traduit, selon elle, l’ampleur de l’inquiétude suscitée par les conditions de vie dans la prison.

La Société civile appelle à une intervention urgente

Face à cette situation, la Coordination urbaine de la Société civile Forces vives de Beni appelle les autorités provinciales et urbaines, les partenaires ainsi que les personnes de bonne volonté à se pencher rapidement sur le cas de Kangbayi.

Elle demande notamment une intervention sur le plan alimentaire et sanitaire afin d’éviter une aggravation de la situation.

La Société civile estime également nécessaire de procéder à un désengorgement urgent de la prison, compte tenu de l’écart considérable entre sa capacité d’accueil initiale et le nombre actuel de pensionnaires.

« La prison ne doit pas être considérée comme un mouroir »

Dans sa déclaration, la Société civile rappelle que la prison devrait être un lieu de détention, de prise de conscience, de rééducation et de réinsertion, plutôt qu’un espace où les conditions de vie peuvent mettre en danger les personnes détenues.

Elle évoque également la responsabilité partagée en matière de gestion pénitentiaire entre les autorités nationales et provinciales et appelle les différents niveaux de pouvoir à prendre leurs responsabilités face à la situation.

La Coordination urbaine dit par ailleurs saluer le travail réalisé par l’auditeur supérieur, tout en estimant que le nombre élevé de pensionnaires encore présents à Kangbayi nécessite des mesures supplémentaires de désengorgement.

Un appel à une réponse rapide

À travers cette déclaration, la Société civile Forces vives de Beni lance donc un appel aux autorités et aux différents partenaires afin qu’une réponse urgente soit apportée à la situation alimentaire, sanitaire et carcérale à Kangbayi.

Pour cette organisation, l’enjeu est désormais d’éviter que les conditions actuelles de détention ne se transforment en une crise humanitaire plus grave au sein de la prison.

Milan Kayenga 

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