Chassés de leur milieu naturel par les violences des groupes armés, notamment les attaques attribuées aux ADF dans la région de Beni, plusieurs membres de la communauté pygmée peinent à s’adapter à la vie en milieu urbain. Déplacés sur le site de Kipriani, ils disent souhaiter avant tout le retour de la paix afin de regagner leurs terres et reprendre leur mode de vie traditionnel.
Rencontrés ce vendredi 14 août 2026 à Kipriani, leur nouveau site de refuge, ces membres de la communauté pygmée expliquent avoir fui le quartier de Ngadi après plusieurs attaques meurtrières. Parmi les victimes figure notamment l’artiste comédien Mangese, tué le 30 mai 2026.
Depuis leur déplacement, ces familles vivent dans des conditions difficiles, loin de leurs champs et de leurs activités habituelles. Pour certains, rester en ville sans possibilité de travailler constitue une source supplémentaire de souffrance.
Un membre de cette communauté témoigne avoir perdu deux proches à Ngadi, dont sa propre fille et son beau-fils.
« J’ai perdu deux familiers à Ngadi. Mon beau-fils et ma propre fille. Mon beau-fils voulait rentrer récupérer un truc avant de croiser l’ennemi. Il voulait se sauver, mais l’ennemi a fini par le cribler de balles. Après tout ça, nous avons besoin de retourner chez nous en brousse. J’ai d’ailleurs un champ qui m’attend chez moi à Mbutaba. Voilà que je souffre ici à force de rester sans rien faire. »
Pour Mantu Sofele, autre membre de la communauté pygmée, les difficultés sont également d’ordre sanitaire. Il affirme que plusieurs déplacés sont confrontés à des maladies qu’ils disent connaître moins dans leur milieu naturel.
« La situation est difficile parce que nous sommes attaqués par des maladies qu’on ignore. Nous mourons chaque jour. Nous bénéficions de l’encadrement du mwami de Bapakombe-Bakondo. Que les décideurs fassent tout pour que la sécurité soit rétablie chez nous le plus tôt possible. Dans le cas contraire, nous continuerons à vivre la peur au ventre. »
Face à cette situation, ces déplacés appellent les autorités congolaises à œuvrer pour le rétablissement de la sécurité dans leurs zones d’origine. Leur souhait est de pouvoir retourner dans leurs villages, retrouver leurs champs et renouer avec leur mode de vie traditionnel.
Le quartier de Ngadi, situé dans la commune de Ruwenzori, reste particulièrement marqué par les violences des groupes armés. Il avait déjà été le théâtre d’une importante attaque attribuée aux ADF dans la nuit du 15 octobre 2014, qui avait coûté la vie à plus de 30 civils.
En attendant une amélioration de la situation sécuritaire, les familles pygmées déplacées à Kipriani continuent de vivre loin de leur environnement habituel, avec l’espoir de pouvoir un jour regagner leurs terres et y reprendre une vie normale.
Trésor Malu


