Une correspondance datée du 12 juillet 2025 mais parvenue à RADIOMOTOBENI.NET vendredi 26 décembre 2025, émanant de la population cultivatrice de l’axe Bingo-Musavayiro-Maboloku, dans le secteur de Batangi-Mbau, territoire de Beni, a ravivé les tensions communautaires entre des agriculteurs bantous et la communauté pygmée installée au campement de Maboloku. La lettre adressée au Chef notable de Batangi-Bingo et transmise à plusieurs autorités civiles, militaires et judiciaires, demande la délocalisation du campement pygmé.
Dans ce document, les signataires accusent les pygmées d’être impliqués dans des nombreux vols des produits agricoles et dans des actes de violence visant des cultivateurs. Ils affirment avoir signalé à plusieurs reprises ces incidents à la notabilité locale et dénoncent l’absence des mesures concrètes, malgré des engagements antérieurs visant une cohabitation pacifique entre les communautés.
Les cultivateurs estiment que la persistance de ces actes compromet leur sécurité et leur moyen de subsistance. Ils conditionnent désormais le payement de la redevance coutumière à la délocalisation du campement pygmé et appellent les autorités administrations et sécuritaires à se saisir urgemment du dossier afin de prévenir une aggravation de la situation.
De leur côté, les représentants de la communauté pygmée de Maboloku rejettent les accusations portées contre eux, qu’ils jugent généralisantes et injustes. Ils soutiennent que le vol des produits agricoles n’est pas l’apanage d’une seule communauté et affirment que les bantous s’y livrent également sans être démantelés.
Les pygmées dénoncent en outre des pratiques de manipulation, affirmant que certaines personnes utiliseraient des membres de leur communauté, en raison de leur précarité pour commettre des vols à leur place avant d’en tirer profit. Ils refusent toute responsabilité collective et demandent que seuls, les auteurs identifiés d’actes répréhensibles répondent de leurs actes.
Craignant une escalade des tensions, la communauté pygmée appelle à des enquêtes impartiales, à la mediation et à l’implication des autorités locales et à des organisations de la société civile afin de préserver la cohabitation pacifique entre bantous et peuples autochtones dans cette partie du territoire de Beni.
Milan Kayenga