Le Groupe d’Actions Judiciaires et Humanitaires (GAJH), organisation de défense des droits humains et membre actif de la société civile, tire la sonnette d’alarme sur les nombreuses barrières et taxes illégales le long de la route Beni–Mambasa, reliant le Nord-Kivu et l’Ituri, deux provinces complémentaires sur le plan commercial et économique. dans une correspondance signée par son PCA, maitre Muhindo Lwanga Vasima, le GAJH sollicite l’implication personnelle de deux gouverneurs.
Des taxes abusives et des tracasseries multiples
Lors d’une mission d’observation effectuée du 13 au 15 février 2026, le GAJH indique avoir constaté la présence de plus de 12 barrières sur une route de 180 km, chacune prélevant des taxes jugées illégales : sécurité (10.000 FC), PCR (10.000 FC), CNPR (3.000 FC), anti-fraude (10.000 FC), péage (5.000 FC) et taxe sur passager (2.500 FC). Conséquence : un ticket moyen atteint 80.000 FC, une charge excessive pour la population locale et les transporteurs, déjà éprouvés par l’insécurité liée aux attaques des Forces démocratiques alliées (ADF).
Un tronçon critique mais une population dynamique
Le tronçon Mayuwano–Mambasa est particulièrement dégradé, nécessitant des interventions sérieuses pour garantir la sécurité et la fluidité du transport. Malgré ces difficultés, le GAJH souligne le dynamisme des villages traversés – Njiapanda, Makumo, Biakato, Lwemba, Teturi, Mayuwano et Alima – avec un développement soutenu grâce à l’agriculture, notamment la production de cacao. L’organisation invite l’État à soutenir cette progression par l’accès à l’eau, à l’électricité, aux infrastructures scolaires et sanitaires, ainsi qu’à la sécurité routière.
Appel à l’assainissement et à la collaboration
Le GAJH appelle les gouverneurs militaires du Nord-Kivu et de l’Ituri à instaurer un climat de coopération avec les populations et les transporteurs, à réduire les tracasseries des agents de l’ordre et à confier les travaux routiers à des acteurs locaux compétents. Selon l’organisation, seule une gestion transparente et une amélioration de la route permettront de soulager la population, renforcer le développement économique et contribuer à la stabilité régionale.
Milan Kayenga