Les derniers hommages ont été rendus au chef de division urbaine de Butembo, Monsieur Terya Awite, décédé le 7 février à l’âge de 74 ans. Outre l’émotion suscitée par sa disparition, l’annonce de son admission à la retraite à titre posthume a particulièrement retenu l’attention lors des cérémonies funèbres, ce jeudi 12 février à Beni.
Le représentant du gouverneur de province, Monsieur Dieudonné Mulahalya, a indiqué que, conformément à la nouvelle loi régissant les agents des services publics de l’État, le défunt sera admis à la retraite à titre posthume afin d’honorer les services rendus à la Nation congolaise. Cette mesure reconnaît qu’il avait atteint l’âge requis pour la retraite légale. En République démocratique du Congo, l’âge légal d’admission à la retraite varie selon les catégories de fonctionnaires, généralement entre 57 et 65 ans selon le statut et la catégorie, avec 65 ans pour les cadres hors catégorie et des limites définies par la loi sur la fonction publique.
Chef de division urbaine de Butembo depuis 2003, Terya Awite avait donc dépassé cet âge légal sans être encore officiellement retraité au moment de son décès. Les autorités ont salué son dévouement, sa discipline et son amour pour le travail bien fait.
Cette mise à la retraite posthume soulève cependant un débat plus large sur la gestion des retraites au sein de la fonction publique congolaise. De nombreux agents continuent à servir bien au-delà de l’âge légal, faute de mécanismes clairs de départ et d’une prise en charge effective des pensions, contribuant à une insatisfaction persistante parmi les fonctionnaires âgés.
Au-delà de l’hommage rendu à l’illustre disparu, la situation relance ainsi la discussion sur l’application plus rigoureuse des textes relatifs à la retraite afin de garantir à la fois le renouvellement de l’administration et la dignité des agents en fin de carrière.
Milan Kayenga