Les droits humains ne sont pas appliqués de manière égale à travers le monde.  C’est le constat réalisé par le professeur Père Charles Kasereka Muvunga lors d’une conférence scientifique organisée le vendredi 19 décembre 2025 par l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC), à l’occasion de l’intégration des nouveaux étudiants. 

S’appuyant sur son ouvrage « Solidarité africaine aux relations mondiales », le conférencier, docteur en philosophie a dénoncé une injustice structurelle qui marque les relations internationales. Selon lui, « l’expérience montre que les droits humains s’appliquent différemment aux gens selon leur influence sociale ». Une situation qui explique, d’après le professeur, pourquoi les violations de droits de l’homme dans les pays pauvres suscitent souvent moins d’indignation que celles commises dans les pays riches. 

Le Père Charles Muvunga a particulièrement attiré l’attention sur le sort de nombreux africains, dont les droits fondamentaux sont, selon ses termes, « écrasés à tel point qu’ils se trouvent sans aucune défense ». Il estime que cette réalité traduit un déséquilibre profond dans la reconnaissance de la dignité humaine à l’échelle mondiale. 

Face à cette injustice, le professeur a proposé une voie de sortie claire : la solidarité. Pour lui, seule la solidarité active et universelle peut s’opposer efficacement à toutes formes de criminalité, d’exploitation et de discrimination. « La dignité humaine de chaque personne doit être reconnue et respectée en dépit de sa race », a-t-il insisté devant un auditoire composé d’étudiants, d’enseignants et de chercheurs. 

Sur le plan philosophique, le conférencier a évoqué l’égalitarisme et la philosophie libérale comme cadres de réflexion pertinents pour repenser les relations humaines et internationales. Ces courants soutiennent que tous les êtres humains doivent être considérés comme égaux. Toutefois, il a précisé que le véritable égalitarisme repose sur le principe de la non-discrimination, laquelle se manifeste par l’impartialité et conduit à l’objectivité. 

En clôturant son intervention, le Père Charles Muvunga a exhorté les participants à développer un esprit critique et engagé, capable de promouvoir une solidarité africaine forte et une participation active à la construction d’un monde plus juste. 

Cette conférence s’inscrivait dans la mission de l’UAC-Beni de former des citoyens responsables, conscients des enjeux sociaux, éthiques et politiques contemporains. 

Milan Kayenga 

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