À Beni au Nord-Kivu, le Groupe des Jeunes Engagés dans la Lutte contre le Sida (GJECSI) tire la sonnette d’alarme en cette Journée mondiale de lutte contre le Sida célébrée le 1er décembre 2025. Son coordonnateur, Héritier Muhindo Lusimba, déplore ce qu’il qualifie de désengagement dangereux des bailleurs dans la lutte contre le VIH/Sida, alors que la prévalence continue d’augmenter dans la région.

« Le taux de prévalence du VIH est vraiment trop élevé selon les statistiques du PNLS. Nous faisons ce que nous pouvons pour observer la situation, mais malheureusement le VIH/Sida semble abandonné par les bailleurs et relégué aux oubliettes », regrette-t-il.

Malgré le manque de soutien, le GJECSI continue ses activités de sensibilisation. Héritier Muhindo explique que plusieurs démarches ont été entreprises auprès d’organisations spécialisées, mais sans succès. « Nous restons motivés pour aller sur le terrain. Nous ciblons les jeunes dans les universités et les écoles secondaires afin de préparer cette jeunesse à un avenir meilleur. Le VIH/Sida est aujourd’hui un fléau pour les jeunes. Ne pas y prêter attention est extrêmement dangereux », insiste-t-il.

Le coordonnateur souligne également que les déplacements massifs de populations liés à l’insécurité peuvent contribuer à l’augmentation des infections. « Quelqu’un quitte sa zone pour une autre sans connaître son état sérologique, c’est dangereux. La séro-ignorance est un vrai problème », alerte-t-il. Pour lui, la priorité reste le dépistage régulier, un geste indispensable pour freiner la propagation du virus. Il rappelle aussi l’importance de l’abstinence, de la fidélité et de la protection pour se prévenir du VIH/Sida.

En cette Journée mondiale, le GJECSI appelle les autorités, les partenaires et les organisations spécialisées à replacer la lutte contre le VIH/Sida au centre des priorités. « Nous voulons que cette lutte retrouve la place qu’elle mérite. Les jeunes de Beni en dépendent », conclut Héritier Muhindo Lusimba.

La coordination du Programme National de Lutte contre le Sida (PNLS) reconnaît ce défi et plaide pour une approche combinée afin d’éliminer le VIH/Sida comme problème de santé publique en RDC d’ici 2030.

Milan Kayenga

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