La Coordination pour le Respect des Droits de l’Homme (CRDH), antenne de Mambasa, alerte sur ce qu’elle qualifie d’ingérence des Wazalendo dans la gestion des affaires pénales locales, suite à la détention jugée arbitraire de Monsieur Jadot, cultivateur du village Ekatu, dans le groupement Bakaheku.
Selon l’équipe de monitoring de la CRDH, Monsieur Jadot est détenu depuis jeudi dernier au cachot des Wazalendo, après avoir refusé de payer une amende de 200 dollars américains infligée par le chef de groupement pour un vol survenu dans sa parcelle de cacao. Le présumé voleur avait, lui, écopé d’une amende de 110 dollars. Contestant l’équité de cette décision, Monsieur Jadot a refusé de payer, ce qui a conduit à son arrestation et à sa détention dans un lieu non habilité à traiter des dossiers pénaux.
Une justice parallèle exercée par les Wazalendo
La CRDH souligne que cette affaire illustre une dérive inquiétante : des Wazalendo exercent de facto des fonctions judiciaires, alors que ce rôle relève exclusivement des autorités compétentes de l’État. La victime est restée détenue malgré des tentatives de sa famille pour obtenir sa libération, dont un versement de 150 dollars au chef de groupement et 60 000 francs congolais aux Wazalendo, resté sans effet.
“Cette situation constitue une ingérence flagrante dans la justice locale et un abus de pouvoir au détriment de la population,” dénonce la CRDH Mambasa. L’organisation rappelle que seules les autorités judiciaires de la RDC peuvent légalement traiter un dossier pénal et garantir les droits de la personne détenue.
Appel à l’action
Face à ces faits, la CRDH appelle la justice et les autorités administratives à : intervenir rapidement pour libérer Monsieur Jadot, sanctionner les abus de pouvoir du chef de groupement et de toute personne exerçant illégalement des fonctions judiciaires, assurer la protection des populations de Bakaheku contre des détentions arbitraires ou des ingérences similaires à l’avenir.
Rédaction