Le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), a reconnu les défis scientifiques et sanitaires que pose actuellement la souche Ebola Bundibugyo, tout en réaffirmant la capacité de la République démocratique du Congo à faire face aux épidémies d’Ebola.
Son intervention est intervenue jeudi à Kinshasa, lors d’un briefing de presse organisé quelques jours après la déclaration officielle, le 15 mai 2026, d’une épidémie de la maladie à virus Ebola de type Bundibugyo dans la province de l’Ituri.
Cette rencontre a réuni le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr , le ministre de la Communication et Médias, ainsi que le directeur de l’INRB avec les journalistes.
Au cours de son exposé, le Professeur virologue Muyembe a expliqué que la souche Ebola Zaïre demeure la plus dangereuse parmi les variantes recensées en RDC, avec des formes graves caractérisées notamment par des signes hémorragiques importants et une mortalité pouvant dépasser 80 %.
À l’inverse, la souche Bundibugyo, déjà observée auparavant à Isiro dans le Haut-Uélé, présente selon lui des symptômes généralement moins sévères et une létalité estimée autour de 40 %.
« C’est un virus moins pathogène que le virus Ebola Zaïre », a indiqué le virologue congolais.
Le scientifique a rappelé que les principales recherches menées ces dernières années se sont concentrées sur la souche Ebola Zaïre, ce qui a permis le développement d’outils thérapeutiques et préventifs efficaces, notamment l’anticorps monoclonal Ebanga ainsi que le vaccin rVSV-ZEBOV utilisé dans les stratégies de vaccination en ceinture autour des cas confirmés.
Cependant, le directeur de l’INRB a reconnu qu’il existe encore peu d’études consacrées à la souche Bundibugyo. À ce jour, aucun vaccin ni traitement curatif spécifique n’est encore disponible contre cette variante du virus.
« Dans les jours à venir, nous allons certainement mettre en place des candidats vaccins ou des molécules thérapeutiques pour essayer de trouver une solution », a-t-il déclaré.
Malgré ces limites, le Pr Muyembe s’est voulu rassurant quant à la capacité de la RDC à gérer les flambées épidémiques d’Ebola grâce à son expérience accumulée au fil des années.
Il a rappelé que sur les 17 épidémies d’Ebola enregistrées dans le pays, 15 ont été contenues principalement grâce aux mesures classiques de santé publique, sans recours systématique aux vaccins ni aux traitements spécifiques.
Parmi ces mesures figurent l’isolement rapide des malades, la protection du personnel soignant à l’aide d’équipements adaptés, les opérations de désinfection ainsi que l’organisation d’enterrements sécurisés afin de rompre la chaîne de transmission du virus.
Le directeur de l’INRB a enfin insisté sur l’importance de la vigilance communautaire et de la prise en charge précoce des personnes présentant des symptômes suspects tels que la fièvre, les maux de tête ou les saignements.
Cette communication intervient dans un contexte de mobilisation accrue des autorités sanitaires congolaises pour contenir l’épidémie déclarée en Ituri et éviter toute propagation du virus dans d’autres provinces du pays.
Milan Kayenga


