Beni : douze ans après le premier massacre de Ngadi, les survivants portent encore les blessures de la guerre des ADF

Douze ans après le premier massacre de civils à Ngadi, dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, les survivants continuent de porter les séquelles des violences attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Entre pertes de proches, enlèvements et traumatismes, les conséquences de cette guerre restent profondément ancrées dans la vie des populations affectées.

Lors de la commémoration organisée le jeudi 15 octobre à Beni, des victimes ont livré des témoignages poignants sur les souffrances endurées depuis le début des massacres. Leurs récits ont rappelé le poids des traumatismes et les difficultés rencontrées par les survivants pour reconstruire leur vie après les violences.

Hommage aux victimes de la guerre à Beni. Ph/Odile Tsongo
Hommage aux victimes de la guerre à Beni. Ph/Odile Tsongo

Au cours de cette rencontre, Charline Wakine a particulièrement attiré l’attention sur la situation des jeunes filles enlevées par les ADF, dont certaines ont été contraintes de vivre avec leurs ravisseurs et de devenir mères dans des conditions inhumaines.

« Plusieurs jeunes filles ont été kidnappées et contraintes d’épouser des combattants ADF dans la brousse. Elles ont également été forcées d’avoir des enfants dans ces conditions inhumaines. Il faut imaginer à quel point cette blessure est profonde et douloureuse. Ces violences ont brisé leur jeunesse, bouleversé leur vie et compromis leur avenir », a-t-elle témoigné.

Charline Wakine a exprimé sa solidarité envers ces jeunes filles et mères victimes de violences, appelant à renforcer les mécanismes de soutien et d’accompagnement afin de leur permettre de se reconstruire et de retrouver leur place dans la société.

Au-delà des pertes en vies humaines, les massacres et les enlèvements ont laissé des séquelles psychologiques et sociales durables. Les femmes et les jeunes filles victimes de violences restent notamment confrontées aux traumatismes et aux difficultés de réintégration sociale.

Douze ans après le premier massacre de Ngadi, les témoignages des survivants rappellent que les conséquences de la guerre ne s’effacent pas avec le temps. La commémoration du 15 octobre constitue ainsi un moment de mémoire et de recueillement, mais aussi un appel à la justice, au renforcement de l’accompagnement des victimes et à la fin des violences dans l’est de la République démocratique du Congo.

Odile Tsongo

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