Dans la région de Beni-Irumu-Mambasa, à l’est de la République démocratique du Congo, le cacao traverse une période difficile. Le prix sensiblement diminué. 

Depuis près d’une année, le prix du kilogramme est passé de 20 000 à 5 000 francs congolais. Cette baisse drastique met en péril des milliers de familles dont les revenus dépendent principalement de cette culture de rente. 

Une chute locale aux causes mondiales

Le cacao est une matière première cotée sur les marchés internationaux, notamment à Londres et à New York. Après avoir atteint des niveaux records dépassant les 10.000 dollars la tonne en 2024, les prix mondiaux ont connu d’importantes corrections, variant récemment entre 4 000 et 6 000 dollars la tonne selon les périodes. 

Cette volatilité s’explique par l’amélioration des récoltes en Afrique de l’Ouest, notamment en Côte d’Ivoire et au Ghana, ainsi que par un ralentissement de la demande mondiale de chocolat. Les mouvements spéculatifs sur les marchés à terme accentuent également ces variations. 

Des producteurs en détresse 

Sur le terrain, de nombreux cultivateurs affirment ne plus couvrir les besoins essentiels de leurs ménages. Scolarité, soins de santé et entretien des plantations deviennent difficiles à assurer. Certains dénoncent l’absence d’un mécanisme de régulation efficace et appellent à l’instauration d’un prix plancher pour protéger les producteurs contre les fluctuations internationales. « Ceux sont les autorités qui provoquent l’instabilité du prix de cacao et de café, car elles collaborent avec les internationaux pour fixer des prix. Ces autorités ne font souffrir avec ce prix.  On vendait à 20 000 fc, aujourd’hui c’est devenu à 5000fc… », a déclaré l’un des cultivateurs. 

Un appel à la transformation locale 

En République démocratique du Congo, la majorité du cacao est exportée sous forme brute. Les acteurs de la filière estiment que le développement d’unités locales de transformation permettrait de capter davantage de valeur ajoutée et de réduire la vulnérabilité des producteurs face aux variations du marché mondial. En attendant des mesures concrètes, les cultivateurs de Beni-Irumu-Mambasa espèrent un redressement des cours internationaux pour redonner au cacao sa place d' »or brun » au sein de l’économie locale. 

Milan Kayenga et Siku Provinces

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