La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a officiellement remis, jeudi 5 décembre, sa base militaire d’Amee aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Située à plus de 120 kilomètres de Bunia, cette base était l’un des points stratégiques de la Mission en Ituri, où elle s’était installée en 2020 au plus fort des exactions du groupe armé Codeco. Ce retrait s’inscrit dans le processus de désengagement progressif de la MONUSCO, alors que la situation sécuritaire s’est nettement améliorée dans la région.
Après des années de violences qui avaient vidé la zone de ses habitants, Amee connaît depuis deux ans une accalmie qui a permis le retour de milliers de déplacés. Selon la section de l’information publique de la MONUSCO, la cohabitation entre communautés s’est apaisée, les marchés ont retrouvé leur dynamisme et les enfants ont repris le chemin de l’école en sécurité. Les autorités militaires et civiles attribuent cette stabilisation aux actions combinées des FARDC, des Casques bleus et aux dialogues communautaires facilités par la MONUSCO et les autorités provinciales.
Présent lors de la cérémonie, le colonel Faustin Bozibo, de la 32e région militaire, a salué la contribution de la Mission onusienne, estimant que sa présence à Amee avait été déterminante pour rétablir la sécurité. La société civile partage cet avis. Christian Ngabomitchu, président du Conseil territorial de la Jeunesse de Djugu, rappelle que la zone était quasiment inhabitée avant le déploiement des Casques bleus et appelle désormais l’armée congolaise à préserver les acquis, notamment en évitant les abus et arrestations arbitraires.
En quittant la base, la MONUSCO laisse aux FARDC plusieurs équipements opérationnels, dont 30 tentes, un groupe électrogène, des installations de campagne et un atelier de réparation de véhicules, pour assurer la continuité des opérations. La Mission réaffirme ainsi son engagement à accompagner un retrait responsable dans une province où les progrès sécuritaires restent encore fragiles.
Milan Kayenga