L’étudiante Consolée Katsali, de Bac 3 droit à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC), a défendu publiquement ce vendredi 21 août 2026 son mémoire consacré à la mise en œuvre des textes juridiques relatifs à la protection et à la promotion des droits des personnes vivant avec handicap dans les institutions de la ville de Beni.
Cette recherche part d’un constat : malgré l’existence d’un cadre juridique international et national destiné à protéger les personnes vivant avec handicap, celles-ci continuent de faire face à de nombreuses difficultés dans l’exercice effectif de leurs droits. L’objectif de l’étude était ainsi d’évaluer le niveau d’application de ces textes dans les institutions de Beni et d’identifier les principaux obstacles à leur effectivité.
Pour mener son étude, Consolée Katsali a principalement recouru à la méthode exégétique, complétée par les méthodes analytique et sociologique. Son enquête a concerné 100 personnes vivant avec handicap et 15 institutions, dont 10 publiques et 5 privées. Les techniques documentaires, d’interview libre et d’enquête lui ont permis de confronter les dispositions légales aux réalités vécues sur le terrain.
Son analyse s’est particulièrement penchée sur quatre domaines essentiels : le droit à la santé, le droit à l’éducation, le droit au travail ainsi que le droit au mariage et à la vie familiale. À travers ces différents secteurs, l’étudiante a cherché à apprécier le respect des principes de dignité humaine, d’égalité, de non-discrimination, d’accessibilité et d’inclusion sociale.
Le travail s’est notamment appuyé sur plusieurs instruments juridiques, dont la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la Constitution de la République démocratique du Congo et la Loi n°22/003 du 3 mai 2022 portant protection et promotion des droits de la personne avec handicap. Ces textes consacrent plusieurs garanties destinées à favoriser la participation pleine et entière des personnes vivant avec handicap dans la société.
Cependant, les résultats de l’enquête révèlent que l’application de ces normes demeure insuffisante dans les institutions de Beni. « L’étude montre ainsi l’existence d’un écart entre les garanties prévues par les textes juridiques et leur application effective sur le terrain », relève Consolée Katsali dans son travail. Elle identifie notamment l’inaccessibilité des infrastructures, la faible prise en compte des besoins spécifiques, l’insuffisance des mécanismes de contrôle et de suivi, le manque de sensibilisation, l’insuffisance des ressources financières et la persistance des discriminations sociales.
Face à cette situation, l’étudiante estime que la priorité doit être accordée à l’application des textes déjà existants. « L’amélioration de leur protection dépend principalement de la mise en œuvre effective des normes juridiques déjà existantes plutôt que de l’adoption de nouvelles normes », conclut-elle. Elle recommande notamment la mise en place d’un mécanisme permanent de contrôle, le renforcement des moyens financiers consacrés à l’inclusion et l’adaptation progressive des infrastructures publiques et privées.
Consolée Katsali appelle également les institutions à prendre en compte les besoins spécifiques des personnes vivant avec handicap dans leur fonctionnement quotidien. Elle recommande la formation des agents, la désignation de points focaux chargés des questions d’inclusion et le respect des mesures relatives à l’accessibilité et au recrutement. Pour elle, « les engagements juridiques doivent être traduits en actions concrètes » afin que les droits reconnus aux personnes vivant avec handicap ne restent pas de simples dispositions sur papier.
Le mémoire invite enfin la société civile et les organisations des personnes vivant avec handicap à intensifier la sensibilisation, le plaidoyer et l’accompagnement juridique des victimes de discrimination. Les personnes vivant avec handicap sont également encouragées à renforcer leur organisation et à participer davantage aux instances de décision. En définitive, la recherche de Consolée Katsali constitue un appel aux autorités et aux institutions de Beni à passer des textes aux actes pour faire de l’inclusion des personnes vivant avec handicap une réalité effective.
Milan Kayenga


