À l’occasion de la Journée mondiale de l’épilepsie, célébrée le 8 février de chaque année, les professionnels de santé multiplient les messages de sensibilisation afin de lutter contre les préjugés et d’améliorer la prise en charge des personnes vivant avec cette maladie neurologique encore mal comprise.

À Beni, le docteur Sedrick Vyathekwahi, médecin traitant à l’Hôpital général de référence de Beni et intervenant au service de neuropsychiatrie et aussi enseignant à la faculté de médecine à l’Université de l’Assomption du Congo de Beni (UAC), met en garde contre certains facteurs favorisant l’apparition et l’aggravation de l’épilepsie, notamment la consommation excessive de boissons fortement alcoolisées.

Les causes de l’épilepsie : l’alcool parmi les facteurs de risque

L’épilepsie est une affection neurologique chronique caractérisée par la survenue répétée de crises dues à une activité électrique anormale du cerveau. Ses causes sont multiples. Elles peuvent être liées à des traumatismes crâniens, des infections du système nerveux (comme la méningite ou le paludisme cérébral), des accidents vasculaires cérébraux, des malformations congénitales, des complications à la naissance, ou encore des facteurs génétiques.

Selon le docteur Sedrick Vyathekwahi, la consommation abusive et prolongée de boissons fortement alcoolisées constitue également un facteur de risque important. « L’alcool, surtout lorsqu’il est consommé en grande quantité, perturbe le fonctionnement du cerveau et peut provoquer ou aggraver des crises épileptiques », explique-t-il. Il précise que le sevrage brutal chez les personnes dépendantes peut aussi déclencher des crises sévères. Le médecin recommande ainsi une consommation modérée, voire l’abstinence chez les personnes à risque ou déjà diagnostiquées épileptiques.

Reconnaître les signes : crises convulsives et non convulsives

Les manifestations de l’épilepsie varient d’une personne à une autre. Les crises dites convulsives sont les plus connues. Elles se caractérisent par une perte brutale de connaissance, des secousses musculaires incontrôlées, une rigidité du corps, parfois accompagnées de morsures de la langue, de salivation excessive ou d’émission involontaire d’urine.

Cependant, l’épilepsie ne se limite pas aux crises convulsives. Il existe également des crises non convulsives, souvent méconnues, qui peuvent se traduire par des absences soudaines, des regards fixes, une perte momentanée de contact avec l’environnement, des mouvements automatiques (comme mâchonner ou tripoter des objets), des troubles de la parole ou des sensations étranges (peur soudaine, fourmillements, hallucinations).

Ces formes discrètes sont parfois confondues avec des troubles psychologiques ou un manque d’attention, ce qui retarde le diagnostic et la prise en charge.

Vivre longtemps avec l’épilepsie : des conseils pour réduire les crises

S’adressant aux personnes vivant avec l’épilepsie, l’enseignant insiste sur l’importance d’une prise en charge rigoureuse. « Le respect strict du traitement médical prescrit est essentiel. L’arrêt ou l’oubli des médicaments expose le patient à des rechutes », souligne-t-il.

Parmi les autres facteurs permettant de réduire la fréquence des crises, le médecin cite : une bonne hygiène de vie, incluant un sommeil régulier et suffisant ; la réduction du stress et de la fatigue excessive ; l’évitement de l’alcool, des drogues et de l’automédication ; une alimentation équilibrée ; un suivi médical régulier.

Il rappelle également que l’épilepsie n’est pas une maladie contagieuse et que, bien suivie, elle permet aux patients de mener une vie normale, productive et longue. Le médecin appelle enfin à lutter contre la stigmatisation dont sont victimes de nombreuses personnes épileptiques, souvent exclues ou discriminées par manque d’information.

En cette Journée mondiale de l’épilepsie, les professionnels de santé invitent la population à mieux s’informer, à soutenir les personnes atteintes et à consulter rapidement en cas de symptômes suspects, afin de favoriser un diagnostic précoce et une prise en charge efficace.

Milan Kayenga 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *